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Crise diplomatique entre la France et l'Algérie : quelles sont les raisons de la crise, après un nouveau coup de pression de Paris ?
information fournie par Boursorama avec Media Services 07/08/2025 à 17:45

Paris et Alger sont empêtrés depuis plus d'un an dans une crise diplomatique. La France reproche notamment à l'Algérie de refuser de reprendre ses ressortissants visés par une obligation de quitter le territoire français (OQTF).

Emmanuel Macron à Berlin en Allemagne, le 23 juillet 2025. ( AFP / RALF HIRSCHBERGER )

Emmanuel Macron à Berlin en Allemagne, le 23 juillet 2025. ( AFP / RALF HIRSCHBERGER )

Emmmanuel Macron a remis une pièce dans la crise diplomatique entre la France et l'Algérie , en demandant plus de fermeté à l'égard de l'Algérie et que ce pays accepte davantage de réadmissions de ses ressortissants en situation irrégulière en France

Qui est concerné? quels moyens peuvent être utilisés ?

• Que demande le président de la République ?

"La France doit être forte et se faire respecter" , a demandé le président français dans une lettre mercredi à son Premier ministre, François Bayrou.

Paris et Alger sont empêtrés depuis plus d'un an dans une crise diplomatique. La France reproche notamment à l'Algérie de refuser de reprendre ses ressortissants visés par une obligation de quitter le territoire français (OQTF) . Elle demande également en vain les libérations de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, condamné pour "atteinte à l'unité nationale", et du journaliste français Christophe Gleizes, pour "apologie du terrorisme". Des détentions qu'elle estime arbitraire.

Emmanuel Macron a décidé de hausser le ton en demandant au gouvernement de suspendre "formellement" un accord de 2013 avec Alger et appelant à user "immédiatement" d'un outil appelé "levier visa-réadmission. Il souhaite aussi que le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, favorable à des mesures plus fermes, agisse "sans repos et sans répit" face à la "délinquance des individus algériens en situation irrégulière".

Le chef de l'État dit son "inquiétude particulière" envers les Algériens "les plus dangereux, sortant de prison ou placés en centre de rétention administrative et qui ne peuvent plus être expulsés, faute de coopération des autorités algériennes".

• Quels sont le chiffres ?

Les Algériens occupent la tête des nationalités étrangères présentes en France - on comptait 649.991 Algériens en 2024 - et la deuxième place pour les obtentions d'un premier titre de séjour. Ils sont également la première nationalité interpellée en France en situation irrégulière avec 33.754 interpellations en 2024.

Dans les centres de rétention administrative, où sont enfermés les étrangers en situation irrégulière en attente de leur expulsion, les Algériens étaient majoritaires et représentaient un tiers des personnes retenues en 2024, selon les associations.

Depuis le début de l'année, 456 éloignements d'Algériens ont été effectifs, soit une baisse de 60% par rapport à la même période l'année dernière, a indiqué jeudi à l'AFP le ministère de l'Intérieur. Dans le même temps, la France a reçu 129 refus d'admissions représentant 84 individus, certaines demandes ayant été présentées à deux ou trois reprises, précise le ministère.

Un cas emblématique dénoncé par la France est celui d'un Algérien en situation irrégulière, auteur présumé d'une attaque mortelle au couteau en février à Mulhouse: il était visé par une OQTF mais Alger avait refusé "dix fois" de le reprendre.

Entre 2017 et 2024, les éloignements avaient doublé , passant de 1.610 à 3.000, relève le président Macron.

• Que contient l'accord de 2013 ?

Cet accord réciproque franco-algérien permet aux titulaires d'un passeport diplomatique ou de service (agents civils ou militaires, avec conjoints et enfants) d'être exemptés de visas de court séjour. Il élargit un accord de 2007 réservé aux diplomates.

La suspension de cet accord demandée par Emmanuel Macron est en réalité déjà appliquée depuis l'annonce en mai du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, du "renvoi en Algérie de tous les agents titulaires de passeports diplomatiques qui n'auraient pas actuellement de visa".

Emmanuel Macron ne se prononce pas sur l'accord de 1968, que le ministre de l'Intérieur a plusieurs fois souhaité dénoncer. Cet accord qui écarte les Algériens du droit commun en matière d'immigration, leur permet notamment un accès accéléré à la délivrance d'un titre de séjour de 10 ans.

• Qu'est-ce que le levier des visa-réadmission ?

Cette mesure, inscrite dans la dernière loi immigration de janvier 2024, permet de suspendre la délivrance de visas long séjours aux citoyens d'un pays dont les autorités coopèrent "insuffisamment" pour réadmettre ses ressortissants en situation irrégulière.

En cas de suspension de l'accord de 2013, elle s'appliquerait également aux visas courts séjours des titulaires de passeports diplomatiques ou de service.

Dès son arrivée place Beauvau, à l'automne 2024, Bruno Retailleau avait défendu l'utilisation de cet outil de pression en expliquant vouloir conditionner la délivrance de visas pour l'Algérie et le Maroc à la reprise de leurs ressortissants. Au Maroc, en avril, il avait ainsi fait état d'un accord visant à "améliorer la coopération pour les réadmissions".

5 commentaires

  • 08 août 07:04

    Le vrai coup de pression serait de dénoncer les accords de 68 . Puisque l'Algérie nous dédeste tant cela serait plus simple pour chacun et basta.


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